Un passé trop lourd à porter

Suite au concours, un recueil de nouvelles a été publié. Cette nouvelle en est extraite.

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-

Un passé trop lourd à porter

Océane CARMEN et Émilie LAUVRAY – 3e B

Enseignante : Mme Llorca

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_

Autrefois, je m’appelais Madison. Et je suis morte.

J’ai été mariée à Gérôme pendant dix ans, mais notre mariage a été un échec. Les cinq premières années furent magnifiques. Nous nous aimions tendrement, nous avions des projets de famille. C’était quelqu’un de très doux et de très compréhensif. Mais un jour, il perdit son travail et il ne s’en remit jamais. A partir de cette date, il devint violent envers moi, il se mit à boire et à me frapper de plus en plus souvent et de plus en plus fort. Il me prenait pour son esclave, j’avais des bleus et des fractures, j’ai souvent été conduite à l’hôpital en urgence par sa faute. J’étais tellement soumise à la domination de cet homme que je ne trouvais pas la force de partir. Je me méprisais chaque jour et je me sentais la dernière des idiotes.

Mais ma meilleure amie, ainsi que des assistantes sociales, m’ont aidée à sortir de ce cauchemar en me redonnant goût à la vie. L’épreuve fut longue et difficile, mais je m’en suis sortie.

Après le divorce, j’ai vécu quatre mois de vie paisible avec mon chat Grisou, je profitais enfin de mon existence. J’étais libre et heureuse. Ma vie avait définitivement changé, j’étais enfin redevenue la femme d’avant, j’avais un rythme de vie énergique et qui me ressemblait.

Mais ensuite le cauchemar a repris.

Quatre mois après notre divorce, j’ai commencé à me sentir étrangement mal, comme si mon corps ne m’appartenait plus. J’avais souvent mal au ventre. Au début, je pensais que c’était de simples problèmes de digestion. Mais, après avoir pris plusieurs rendez-vous chez le médecin, après avoir avalé des antidouleurs, j’avais toujours ce mal-être. Alors je n’y fis plus attention.

Quelques jours plus tard, j’avais toujours mal, donc, une fois de plus, je retournai chez le médecin. Il me dit que ce n’était pas grave mais il supposait une grossesse et me proposa de faire des examens plus approfondis. Je décidai de ne pas les faire car je ne voulais pas croire en cette supposition. Imaginer l’enfant de ce monstre dans mon ventre était horrible et impensable. De toute façon, c’était impossible, je n’avais pas pris un gramme de poids, j’avais encore mon cycle menstruel et je n’avais pas d’envies. De plus, je ne me rappelai pas avoir eu un moment intime avec mon monstre de mari. La dernière fois, cela remontait au moins à 5 ans.

Quelques mois plus tard, toujours allongée sur mon canapé, avec des maux de ventre de plus en plus intenses, je me tordais de douleur. Je ne savais plus comment me mettre.

Et puis je sentis qu’il se passait quelque chose.

D’abord des douleurs insupportables, j’avais l’impression que le ventre me tiraillait, comme si quelque chose voulait sortir de moi. Les coussins, sous mon corps, étaient trempés. J’avais chaud et j’avais mal. Je crus que c’était la fin.

Mais ce n’était que le début.

A partir de ce jour-là, ma vie allait prendre la tournure du cauchemar. Je ne me doutais pas qu’à partir de ce moment, j’allais devenir la personne que je n’aurais jamais pensé être.

Longtemps, je regardai cette chose. Puis je pris l’oreiller et je l’étouffai, je le mis dans un sac et le jetai dans la poubelle de mes voisins afin d’attirer les soupçons sur cette pauvre famille nombreuse…

A partir de ce jour là, Madison était morte.

Grâce aux tests génétiques, ils ont retrouvé ma trace.

Depuis plus de quatre années, je croupis en prison, condamnée à dix ans de peine. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait cette chose odieuse. Aujourd’hui, je le regrette tellement. J’ai même changé de prénom pour changer de vie…

Aujourd’hui Madison est devenue Élise et je veux tout recommencer à zéro. Avoir une belle et grande famille.

Je donnerais tout pour prendre mon enfant dans mes bras.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *